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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/207

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ou de 2 lieues, si la densité de l’air ne diminuait pas à mesure qu’on s’élève dans des régions plus éloignées de la surface de la Terre, ce qu’il est impossible d’admettre. On peut donc dire aujourd’hui que la hauteur de notre atmosphère est comprise entre 2 et 15 lieues. M. Biot, en discutant les observations de température et de pression recueillies soit dans les ascensions de MM. de Humboldt et Boussingault sur le flanc de hautes montagnes, soit dans le voyage aérostatique accompli en un temps calme par Gay-Lussac, a calculé que l’épaisseur de l’air qui nous entoure ne doit pas dépasser 48 000 mètres ou 12 lieues. D’après le nombre que nous avons donné pour le rayon de la Terre (chap. i, p. 2), on voit que la hauteur de l’atmosphère n’est que la 132e partie de ce rayon, c’est à-dire que si l’on représentait la Terre par une sphère de 10 mètres de diamètre, l’atmosphère n’occuperait sur ce globe qu’une hauteur de 38 millimètres.

Malgré sa faible épaisseur, l’atmosphère joue un très grand rôle dans l’observation des phénomènes astronomiques. Il est facile de reconnaître que l’air agit sur la lumière qui le traverse, pour la dévier de sa route primitive. C’est pourquoi l’on ne trouve pas la même distance polaire pour les étoiles si on les observe près du zénith, ou lorsqu’elles sont près de l’horizon ; dans ce dernier cas, la distance du pôle déduite de l’observation est plus petite que dans le premier. Nous avons vu (liv. iii, chap. iv, t. i, p. 82) que Ptolémée signalait déjà dans son Optique la flexion exercée par la réfraction que les rayons lumineux des étoiles éprouvent dans l’atmosphère terrestre.