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l’année relativement à un lieu donné, ne s’abaisse pas de 18° au-dessous de l’horizon de ce lieu ; c’est ce qui arrive à Paris vers le solstice d’été.

Il est évident que la partie de l’atmosphère éclairée directement par le Soleil devient un corps lumineux pour la partie qui ne reçoit pas directement la lumière solaire ; elle doit donc fournir elle-même un second crépuscule, limité par les derniers rayons que peut envoyer l’arc crépusculaire que nous avons considéré plus haut. Cette illumination secondaire doit être bien plus faible que la première, mais elle peut à son tour engendrer un troisième crépuscule, plus faible encore, et ainsi de suite indéfiniment. Il n’y a de limite à la perception du phénomène que dans la sensibilité de notre organe visuel. La courbe observée si exactement par Lacaille se rapportet-elle au premier ou au second espace crépusculaire, ou à quelque partie intermédiaire, c’est ce qu’il est impossible de décider actuellement.

Le temps pendant lequel le Soleil, après être descendu au-dessous de l’horizon d’un lieu A (fig. 247), continue à éclairer directement une partie de l’atmosphère visible de ce lieu A, dépend de l’épaisseur des couches aériennes qui enveloppent la Terre. En effet, imaginons que nous fassions passer un plan par le lieu A, par le centre 0 de la Terre supposée sphérique, et par le centre du Soleil. Ce plan coupera la Terre suivant le cercle OA et son atmosphère suivant le cercle OC. Soit AB la trace de l’horizon du lieu A dans ce même plan ; par la rencontre C du cercle OA et de la ligne AB, menons la tangente CD à la Terre. Toute partie de l’atmosphère