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du zéro à l’aide d’une tige d’ivoire très-aiguë, et qui fait, en quelque sorte, corps avec la division. Il est clair alors que, dans quelque lieu qu’on se trouve, il suffira, pour remédier à la cause d’erreur dont nous venons de parler, d’amener, avant l’observation, le mercure de la cuvette à être tangent à la tige d’ivoire, ce qui s’obtient en relevant le fond mobile de cette cuvette à l’aide d’une vis convenablement disposée.

Depuis que le baromètre est devenu un moyen usuel de mesurer la hauteur des montagnes, les physiciens et les artistes l’ont modifié de mille manières, surtout dans la vue de le rendre portatif.

Parmi ces modifications, on doit, ce nous semble, ranger au premier rang celle dont la météorologie est redevable à Gay-Lussac. Le peu de poids et de volume de l’ingénieux baromètre qu’il a imaginé, sa commodité, l’exactitude dont il est susceptible, ont été justement appréciés. Dans les mains d’un observateur soigneux et exercé, cet instrument qui, comme on sait, est un siphon dont la petite branche vient se placer sous la grande, grâce à un coude ingénieusement imaginé, ne laisse rien à désirer. Nous avouerons cependant, d’après notre propre expérience, que des mouvements brusques d’une certaine espèce, peuvent faire passer des bulles d’air dans la grande colonne et que pendant le transport à pied, à cheval, et surtout en voiture, si le baromètre était presque horizontal, le dérangement aurait indubitablement lieu.

Tel est le défaut qu’un artiste habile, Bunten, a cherché à faire disparaître en 1828, et il y est parvenu sans