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de l’exactitude du propos prêté à Galilée ; mais il ne le cite que comme un on dit. Or, personne n’était plus intéressé que l’auteur des Lettres provinciales à reconnaître que la biographie des hommes de génie ne doit pas se fonder sur des on dit. Quoi qu’il en soit, c’est Torricelli, élève de Galilée, qui montra que la hauteur à laquelle se tient le mercure dans un tube fermé par un bout et renversé dans une cuvette fait équilibre à la pression atmosphérique. Torricelli est donc l’inventeur du baromètre. D’après les indications de Pascal, Perrier fit le 19 septembre 1648 une observation de la hauteur barométrique au bas et au haut du Puy de Dôme. Il fut alors vérifié que la colonne de mercure étant plus haute au pied qu’au sommet de la montagne, ainsi que cela devait être dès que l’on admettait que la suspension du mercure tenait à la pression exercée par l’air atmosphérique dont l’épaisseur superposée à l’instrument diminue à mesure qu’on s’élève.

Il est évident, d’après la célèbre expérience du Puy de Dôme, que l’observation du baromètre peut servir à la mesure des hauteurs et qu’il doit être un instrument indispensable dans tous les voyages scientifiques. Les instruments portatifs dont on se sert ont, comme on le sait, des cuvettes assez étroites. Il est donc nécessaire de chercher à évaluer le déplacement du niveau, et cela avec d’autant plus de raison, qu’ont transporte assez souvent ces baromètres dans des lieux où les pressions sont très-différentes. Parmi les divers moyens auxquels les artistes ont eu recours, un des plus commodes est celui que Fortin a adopté, et qui consiste à marquer le point