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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/175

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volcans centraux de la Terre, c’est le Mouna-Roa. Sur les flancs de cette fameuse montagne, il existe plusieurs cratères parmi lesquels il y en a un très-remarquable que les naturels nomment le Kirauca. Il est situé à 6 ou 7 lieues de la mer dans la partie nord-est de l’île. Sa forme est elliptique ; le contour, à la partie supérieure, n’a pas moins de 2 lieues et demie de long ; on estime que la profondeur peut être de 350 à 360 mètres ; il est assez facile de descendre dans le fond.

Lorsque Goodrich visita ce cratère pour la première fois, en 1824, il remarqua dans la cavité douze places distinctes couvertes de lave incandescente, et trois ou quatre ouvertures d’où elle jaillissait jusqu’à la hauteur de 10 à 13 mètres. A 300 mètres au-dessus du fond, il existait alors tout autour de la paroi intérieure du cône, un rebord noir que le même observateur regarde comme l’indice de la hauteur où la lave fluide s’était récemment élevée avant de se frayer une issue par quelque canal souterrain jusqu’à la mer. Des émanations sulfureuses plus ou moins denses s’échappent constamment d’ailleurs par toutes les crevasses de la lave solide, et produisent çà et là un bruit semblable à celui de la vapeur qui sort par les soupapes d’une machine à feu. Les pierres ponces qu’on trouve en grande abondance dans les environs du cratère sont si légères, si poreuses, d’une texture si délicate, qu’il est difficile d’en conserver des échantillons. Des filaments capillaires fibreux, semblables à ceux qu’on recueille après toutes les éruptions du volcan de l’île Bourbon (voir p. 145), couvrent le sol du cratère sur une épaisseur de 5 à 8 centimètres ;