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un taillis et de petits lacs dans l’intérieur du cratère.

L’éruption la plus mémorable, après celle de la mort de Pline, eut lieu en 1822, du 24 au 28 octobre : « Pendant douze jours, dit mon illustre ami de Humboldt dans ses admirables tableaux de la nature, elle ne fut pas interrompue, sans avoir cependant la violence des quatre premières journées. Durant ce laps de temps, les détonations à l’intérieur du volcan furent si fortes que, par le seul effet des vibrations de l’air, car de tremblement de terre, il n’y en eut pas trace, les plafonds des salles se crevassèrent dans le palais Portici. Les villages voisins, Resina, Torre del Greco, Torre dell’Annunciata et Bosche-Tre-Case, furent témoins d’un phénomène singulier : l’atmosphère était complétement remplie de cendres, et vers le milieu du jour, toute la contrée resta plongée plusieurs heures dans l’obscurité la plus profonde. On allait dans les rues avec des lanternes, comme cela arrive assez souvent à Avito, lors des éruptions du Pichincha. Jamais il n’y eut une désertion plus générale des habitants. »

Depuis cette époque, il y a eu quelques éruptions très remarquables. Du 1er au 5 janvier 1839, le volcan rejeta une si grande masse de cendres, que toute la plaine qui s’étend de Bosche-Tre-Case à Castellamare en fut couverte sur une épaisseur de 12 à 15 centimètres. On ne pouvait plus marcher dans les rues de Torre dell’Annunciata, et la route des Calabres, qui passe par cette localité, en fut tellement encombrée que pendant quelque temps la circulation y fut interrompue. Ces cendres étaient composées de grains dont les plus ordinaires