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dant les jeux qu’Auguste donnait au peuple romain. Cette comète était très-brillante, puisqu’elle commençait à s’apercevoir dès la onzième heure du jour, c’est-à-dire vers cinq heures du soir, ou avant le coucher du Soleil. La date est ici l’an 43 avant notre ère.

La comète de 1680 brillait d’une vive lumière. En adoptant 575 ans pour la durée de sa révolution, il y aurait vraiment lieu de s’étonner que les écrivains grecs n’eussent fait mention d’aucune de ses apparitions antérieures à celle qui a coïncidé avec l’époque de la mort de César. Voici comment Fréret a cru pouvoir remplir cette lacune :

Varron nous apprend, dans un fragment conservé par saint Augustin, que, sous le règne d’Ogygès, on observa un changement singulier dans la couleur, dans la figure et dans la marche de Vénus.

De grandes révolutions physiques à la surface de cette planète, de grandes altérations dans son atmosphère, auraient pu amener des changements prononcés de couleur, de grosseur et de figure ; mais il n’en serait pas de même du mouvement ! L’apparition d’une comète semble seule conduire à une explication simple et naturelle de toutes les circonstances du phénomène. Il faut supposer, avec Fréret, que la tête de la comète se dégagea le soir ou le matin, de la lumière crépusculaire, quelques jours après que Vénus s’était plongée dans les rayons solaires ; que cette comète fut prise pour Vénus, ce qui n’aurait rien d’extraordinaire, car l’histoire de l’Astronomie, dans les temps reculés, fournit plusieurs exemples de semblables erreurs ; enfin que son mouvement propre l’ayant