Ouvrir le menu principal

Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/113

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pentes comparatives des deux versants, dons les nombreuses chaînes de montagnes qu’ils ont étudiées, se rattachent à une règle très-simple, dont j’ai déjà donné l’énoncé (chap. vii, p. 66), et qui ne laisse aucune place à l’intervention d’un courant général : dans les chaînes de montagnes, les pentes les plus rapides sont tournées vers la mer la plus voisine.

Il est un autre grand phénomène géologique dont l’explication a paru se lier à l’action de courants aqueux ; c’est celui des blocs erratiques.

On appelle ainsi des masses de granite ou d’autres roches alpines, dont quelques-unes ont un volume énorme[1], qu’on trouve çà et là sur le Jura, qui, comme nous l’avons dit, est une chaîne toute calcaire, dirigée du sud-ouest au nord-est. Elles n’existent que sur le versant sud-est, sur celui qui fait face aux Alpes. Au revers opposé de la montagne, c’est-à-dire du côté de la France, on n’en découvre pas une seule.

Ces masses ne se trouvent pas répandues indistinctement dans toute l’étendue de la chaîne. Elles abondent surtout dans la direction des vallées des Alpes. C’est aussi vers le prolongement de l’axe de ces vallées que les blocs sont parvenus aux plus grandes hauteurs sur les flancs du Jura.

Les granites des différents rameaux des Alpes se distinguent très-bien les uns des autres. On a pu reconnaître que les blocs des parties du Jura qui font face à la vallée

  1. Sur la montagne de Pierre-à-Bot, près de Neuchatel, il existe une de ces masses qui a 14 mètres de haut, 17 mètres de long et 8 mètres de large.