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Ce flot, a-t-on ajouté, en s’avançant avec impétuosité du midi au nord, rencontra sur sa route diverses chaînes de montagnes qui lui barraient le passage, démolit les faces sur lesquelles s’opéra le premier choc et en entraîna les débris. C’est pour cela, dit-on, que les pentes méridionales des Pyrénées, des Alpes, de la chaîne de l’Himalaya, sont plus rapides que les pentes septentrionales. C’est pour cela que les versants occidentaux de la cordillère des Andes et des Alpes scandinaves, sont beaucoup plus escarpés que les versants orientaux, etc., etc.

Nous avons déjà vu (ch. vii, p. 64) que ces faits ne sont pas aussi réels, aussi généraux qu’on le prétend ; nous allons examiner si l’intervention d’un courant en donnerait une explication naturelle.

Il est vrai, qu’en masse, la pente méridionale des Pyrénées est plus rapide que la pente septentrionale. Cependant, sur beaucoup de points de la chaîne, c’est le contraire qu’on observe. En tout cas, la plus grande inclinaison du versant espagnol ne pourrait être attribuée à l’action érosive d’un courant venant du sud, à la démolition des anciennes parois de la montagne ; car on peut suivre les couches qui les forment aujourd’hui, depuis les plaines de l’Aragon jusqu’aux crêtes les plus élevées, sans y rencontrer aucune solution de continuité. Dans la question qui nous occupe, cette observation, dont je suis redevable à M. Élie de Beaumont, est capitale.

Ce que nous savons de l’Himalaya est conforme à la règle énoncée plus haut. On peut douter qu’il en soit ainsi de l’Atlas, quoiqu’il coure de l’est à l’ouest.

Les Alpes ont été rangées, comme les Pyrénées, parmi