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LIVRE XII. — VOIE LACTÉE.
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l’empreinte dans toutes les parties de l’astronomie. Dans son Epitome, publié de 1618 à 1620, on aperçoit cette proposition remarquable : « La place où est situé le Soleil est près de l’anneau stellaire, qui forme la Voie lactée. Cette position est indiquée par la circonstance que la Voie lactée présente à peu près l’aspect d’un grand cercle, et que l’intensité en est sensiblement la même dans toutes ses parties. »

Si l’on s’étonnait de me voir placer si haut la conception de Kepler, je dirais qu’à la même époque Gassendi s’expliquait en ces termes sur le phénomène de la voie lactée : « Que si quelqu’un désire de savoir pourquoi cet amas de petites étoiles est plutôt disposé en cercle qu’autrement…, qu’il consulte l’auteur des étoiles, cet être souverain qui les a faites et disposées comme il lui a plu et qui seul connaît son ouvrage. » (Abrégé de la philosophie de Gassendi, par Bernier, t. iv, 2e édition, p. 315.)

Les idées de Kepler furent longtemps après développées et étendues par trois penseurs, Wright de Durham, Kant de Kœnigsberg, et le géomètre Lambert de Mulhouse. Peu de mots suffiront pour montrer que ces trois noms ne méritent pas l’oubli dans lequel on a l’habitude de les laisser.

Le savant de Durham repoussait toute idée de dispersion fortuite et confuse des étoiles, comme inconciliable avec l’aspect de la Voie lactée ; cet aspect le conduisait, au contraire, « à admettre une disposition systématique autour d’un plan fondamental (ground plan).

Kant, qui connaissait par extraits les travaux de