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du désintéressement surtout, amis et ennemis restèrent constamment d’accord. Je pourrais donc sur ce point m’en tenir aux deux traits que je viens de citer. Il en est un autre cependant qu’on doit désirer de sauver de l’oubli ; la mémoire de Carnot n’en aurait que faire, mais j’ai le faible espoir qu’en se le rappelant, certains ministres pourront être arrêtés dans leurs prodigalités, et certaines parties prenantes dans leurs exigences !

Après le 18 brumaire, les opérations projetées de l’armée de réserve exigeaient impérieusement que Moreau envoyât sans retard une de ses divisions à l’armée d’Italie. L’intervention directe du ministre de la guerre ne sembla pas de trop pour conduire à bon port une négociation de cette importance. En exécution d’un ordre des consuls du 15 floréal an viii, Carnot, accompagné de sixofficiers d’état-major, de deux courriers et d’un domestique, se rendit en Allemagne. Pendant la route, il inspecta les troupes échelonnées entre Dijon et Genève ; il parcourut ensuite les cantonnements du Rhin, visita les places fortes, arrêta avec le général en chef le plan de la future campagne, et revint à Paris. La trésorerie lui avait donné 24,000 francs. Au retour, il rendit 10,080 francs. Il craignait tellement que la dépense de 13,320 francs faite pour un long voyage de dix personnes ne parût trop forte, qu’il en fit le sujet d’un rapport détaillé, qu’il s’en excusait comme d’une prodigalité : On voudra bien remarquer, disait-il dans sa lettre aux consuls, que vous aviez désiré que je donnasse de l’éclat à ma mission ; que, dans les lieux principaux, j’ai dû, suivant vos ordres, m’imposer une certaine représentation ; qu’il entrait enfin