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CARNOT, FRUCTIDORISÉ, EST OBLIGÉ DE PRENDRE LA FUITE. – IL EST RAYÉ DE LA LISTE DE L’INSTITUT, ET REMPLACÉ PAR LE GÉNÉRAL BONAPARTE.


La France s’est toujours montrée idolâtre de la gloire militaire. Satisfaites largement cette passion dans une guerre nationale, et soyez sans inquiétude sur l’administration intérieure, quoique inhabile qu’elle soit. Les sympathies du peuple, et au besoin sa résignation, sont acquises à tout gouvernement qui chaque mois pourra se parer d’une nouvelle victoire sur ses ennemis extérieurs. Je n’aperçois dans nos annales qu’une seule exception à cette règle ; encore faudra-t-il que, par une assimilation si souvent trompeuse, les représentants légaux du pays soient considérés comme les interprètes fidèles des vœux, des sentiments, des opinions de la majorité. L’exception dont je veux parler, c’est le gouvernement directorial qui me la fournira.

Lorsque les élections de l’an v apportèrent un nombreux renfort de royalistes aux deux minorités du conseil des Cinq-Cents et du conseil des Anciens, qui jusque-là s’étaient bornés à faire au Directoire une opposition très-modérée ; lorsque, forte de ce qu’elle pensait être l’appui populaire, la minorité se croyant devenue majorité, levait le masque jusqu’à nommer à la présidence du conseil des Cinq-Cents ce même Pichegru, qui naguère flétrissait par la trahison les lauriers qu’il avait cueillis en Hollande au nom de la République ; lorsque les ennemis du pouvoir directorial dévoilaient ouvertement leurs pro-