Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/447

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Dartmouth, en Devonshire, construisirent (veuillez bien remarquer que je ne dis pas projetèrent, car la différence est grande), construisirent une machine destinée à opérer des épuisements et dans laquelle il y avait une chaudière à part où naissait la vapeur. Cette machine, ainsi que le petit modèle de Papin, offre un cylindre métallique vertical, fermé par le bas, ouvert par le haut, et un piston, bien ajusté, destiné à le parcourir sur toute sa longueur en montant et en descendant. Dans l’un comme dans l’autre appareil, lorsque la vapeur d’eau peut arriver librement dans le bas du cylindre, le remplir et contre-balancer ainsi la pression de l’atmosphère extérieure, le mouvement ascensionnel du piston s’opère par l’effet d’un contre-poids. Dans la machine anglaise, enfin, l’imitation de celle de Papin, dès que le piston est arrivé au terme de son excursion ascendante, on refroidit la vapeur qui avait contribué à l’y pousser ; on fait ainsi le vide dans toute la capacité qu’il vient de parcourir, et l’atmosphère extérieure le force aussitôt à descendre.

Pour opérer le refroidissement convenable, Papin, on le sait déjà, se contentait d’ôter le brasier qui échauffait la base de son petit cylindre métallique. Newcomen et Cawley employèrent un procédé beaucoup préférable sous tous les rapports : ils firent couler une abondante quantité d’eau froide dans l’espace annulaire compris entre les parois extérieures du cylindre de leur machine, et les parois intérieures d’un second cylindre, un peu plus grand, qui servait d’enveloppe au premier. Le froid se communiquait peu à peu à toute