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« supérieures aux chances de celui qui n’en a que cinq. »

Quand ils se croiraient engagés dans une loterie, ceux des auditeurs que la première phrase n’aurait pas mis en fuite, seraient-ils disposés à faire de grands efforts pour se procurer le plus de billets, ou, en expliquant la pensée de notre confrère, le plus de connaissances possible ?

Malgré ses connaissances, peut-être même à cause de leur immensité, Young manquait entièrement d’assurance au lit du malade. Alors, les fâcheux effets qui pouvaient éventuellement résulter de l’action du médicament le mieux indiqué, se présentaient en foule à son esprit, lui semblaient balancer les chances favorables qu’on devait en attendre et le jetaient dans une indécision, sans doute fort naturelle, mais que le public prend toujours du mauvais côté. La même timidité se reconnaît dans tous les ouvrages de Young qui traitent de la médecine. Cet homme, si éminemment remarquable par la hardiesse de ses aperçus scientifiques, ne donne plus alors que de simples catalogues de faits. À peine semble-t-il convaincu de la bonté de sa thèse, soit quand il s’attaque au célèbre docteur Radcliffe dont tout le secret, dans la pratique la plus brillante et la plus heureuse, avait été, comme il le déclarait lui-même, d’employer les remèdes à contresens ; soit lorsqu’il combat le docteur Brown qui s’était trouvé, disait-il, dans la désagréable nécessité de reconnaître, et cela d’après les documents officiels d’un hôpital confié des médecins justement célèbres, qu’en masse, les fièvres abandonnées à leur cours naturel ne sont ni