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Page:Apollinaire - L’Enchanteur pourrissant, 1909.djvu/60

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Que parles-tu des ailes angéliques ? Je ne suis point ailé et pourtant je suis un ange, sauf le baptême. Toi-même, tu es un ange, sauf le baptême, ô Miraculeux !

SAINT-SIMÉON STYLITE

Souviens-toi longtemps encore de ton baptême. Adieu, toi qui contrastes avec moi comme le caveau mortuaire et souterrain contraste avec la colonne qui s’élance au ciel.

Il s’en alla. Les vers se hâtaient dans le corps de l’enchanteur. La nuit passa, et, à l’aurore, les premiers rayons solaires réveillèrent la dame du lac. Elle ouvrit languissamment les paupières et aperçut en l’air une seule plume d’aile qui feuillolait encore.


Apollinaire - L’enchanteur pourrissant, p62