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LUL DE FALTENIN


À Louis de Gonzague Frick


Sirènes j’ai rampé vers vos
Grottes tiriez aux mers la langue
En dansant devant leurs chevaux
Puis battiez de vos ailes d’anges
Et j’écoutais ces chœurs rivaux

Une arme ô ma tête inquiète
J’agite un feuillard défleuri
Pour écarter l’haleine tiède
Qu’exhalent contre mes grands cris
Vos terribles bouches muettes

Il y a là-bas la merveille
Au prix d’elle que valez-vous
Le sang jaillit de mes otelles
À mon aspect et je l’avoue
Le meurtre de mon double orgueil

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