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LE VOYAGEUR


À Fernand Fleuret


Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant


La vie est variable aussi bien que l’Euripe


Tu regardais un banc de nuages descendre
Avec le paquebot orphelin vers les fièvres futures
Et de tous ces regrets de tous ces repentirs
Te souviens-tu
Vagues poissons arques fleurs surmarines
Une nuit c’était la mer
Et les fleuves s’y répandaient


Je m’en souviens je m’en souviens encore

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