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Page:Anthologie contemporaine, Première série, 1887.djvu/85

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Vous qui disiez cela, souffrez-vous maintenant ?
De n’avoir ni soleil, ni beaux lierres, ni roses !…
« Non ! me dit une voix dans l’Infini des choses,
» Au milieu des élus, il passe rayonnant ! »


Marienbad, août-septembre 1886.

DÉSIRS DE FANTASIO

AU BARON I. DE SAINT-AMAND

Partir dès le matin quand le soleil se lève,
En chantant, tout joyeux parmi les prés en fleurs ;
Comme un beau papillon courir, courir sans trêve,
Croire qu’on en est un et, joyeux de ce rêve,
Désaltérer sa bouche à la rosée en pleurs !

Partir quand vient le soir sous la verte ramée,
Songeant à vous, ma Douce, à vos derniers aveux ;
Comme le doux zéphyr chanter sa bien-aimée,
Croire qu’on en est un et, la lèvre embaumée,
Baiser à son retour vos blondissants cheveux !

Mourir quand vient l’été, mourir dans sa jeunesse,
En chantant le ciel bleu, la patrie et l’amour,
Aimer ainsi qu’un dieu quelque fière maîtresse,
Croire qu’on en est un et, le cœur plein d’ivresse,
Pendant l’Éternité se souvenir d’un jour !…


Paris, 1886.