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Page:Anthologie contemporaine, Première série, 1887.djvu/144

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J’obéis. Elle attacha l’une à l’autre les deux embarcations, puis, ressaisissant sa perche, les poussa de conserve vers le rivage.

Ce fut avec un véritable soulagement que je sautai à terre et que j’aidai Jeanne à descendre, après qu’elle eût attaché les barques à une branche.

Je ne lâchai pas sa main, mais la couvris de baisers en murmurant :

— Ah ! Jeanne ! laissez-moi vous remercier !

— J’espère, dit-elle, que vous ne ferez plus pareille folie. Il faut ramener cette barque où vous l’avez prise, et moi je vais rentrer.

Avant qu’il m’eût été possible de m’opposer à son mouvement, elle m’échappa, sauta vivement dans sa barque, la détacha, et poussa au large.

— À demain ! fit-elle avec un divin sourire. Vous me retrouverez au même endroit. Mais ne venez plus en bateau.