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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/97

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Après avoir attendu le résultat de la délibération pendant la demi-heure stipulée, on le fit entrer, & il y eut une grande dispute entr’eux & leurs compatriotes qui les accusoient de la ruine totale de leur plantation, & du dessein de les assassiner. Comme ils s’en étoient vantés auparavant, ils ne purent pas le nier alors. Les chef des espagnols fit le médiateur, & comme il avoit porté les deux anglois à ne point attaquer les trois autres pendant qu’ils seroient désarmés & hors d’état de leur nuire, aussi il obligea les trois scélérats d’aller rebâtir les cabanes ruinées, l’une précisément comme elle avoit été, & l’autre plus spacieuse ; à faire de nouveaux enclos, à planter de nouveaux arbres, à semer du blé pour remplir celui qu’ils avoient ruiné : en un mot, à remettre tout dans l’état où ils l’avoient trouvé, autant qu’il leur étoit possible ; car il n’étoit pas faisable de suppléer exactement au blé qui étoit déjà fort avancé, & aux arbres qui avoient déjà commencé à croître considérablement.

Ils se soumirent à toutes ces conditions ; & comme on leur donnoit des vivres en abondance, ils commencèrent à vivre paisiblement, & toute la colonie étoit fort unie. Il n’y manquoit rien, sinon qu’il étoit impossible de porter les trois vagabonds à travailler pour eux-mêmes.