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tuer, quand les autres espagnols se montrant, le prièrent de ne point tirer sur lui, & se jetant sur mes drôles, les désarmèrent, & les mirent hors d’état de leur nuire.

Quand ces marauds se virent sans armes, & les espagnols autant animés contr’eux que les anglois, ils commencèrent à mettre de l’eau dans leur vin, & à les prier avec assez de douceur de leur rendre leurs armes. Mais considérant l’inimitié qu’il y avoit entr’eux & les deux habitans des huttes, & persuadés que le meilleur moyen d’empêcher qu’ils n’en vinssent aux mains ensemble, étoit de laisser ceux-ci désarmés, ils leur dirent qu’ils n’avoient point intention de leur faire le moindre mal, & qu’ils continueroient à leur donner toute sorte d’assistance, s’ils vouloient vivre paisiblement ; mais qu’ils ne trouvoient pas à propos de leur rendre leurs armes, pendant qu’ils étoient animés contre leurs propres compatriotes, & qu’ils avoient même déclaré ouvertement leur dessein de faire esclaves tous les espagnols.

Ces gens abominables, hors d’état d’entendre raison & d’agir raisonnablement, voyant qu’on leur refusoit leurs armes, sortirent de cet endroit, la rage dans le cœur, & menaçant qu’ils sauroient bien se venger des espagnols, quoiqu’on leur eût ôté leurs armes à feu. Mais