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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/85

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qu’il tenoit dans la main, & il l’auroit assommé, si celui-ci n’avoit évité le coup adroitement. Son compagnon voyant le danger où il étoit, vint d’abord à son secours. Ils saisirent chacun un fusil, & celui qui avoit été attaqué le premier jeta son ennemi à terre d’un coup de crosse, avant que les deux autres scélérats fussent à portée, & voyant les deux autres se préparer à les insulter, ils se joignirent, & leur présentant les bouts de leurs fusils, ils les menacèrent de leur mettre la bourre dans le ventre, s’ils ne se retiroient.

Les autres avoient des armes à feu : mais un des honnêtes gens, plus hardi que son camarade, & désespéré par le danger où il se trouvoit, leur dit, que, s’ils faisoient la moindre mine de les coucher en joue, ils étoient morts, & leur commanda, avec fermeté, de mettre bas les armes. Ils n’en firent rien ; mais voyant les autres si déterminés, ils en vinrent à une capitulation, & consentirent à s’en aller, pourvu qu’on leur laissât emporter leur compagnon blessé. Il l’étoit effectivement & dangereusement même ; mais c’étoit sa propre faute. One peut dire que les deux attaqués, voyant leur avantage, avoient eu tort de ne les pas désarmer réellement, comme ils étoient les maîtres de le faire, & de ne pas aller ensuite raconter toute leur aventure aux espagnols. Car dans la suite les trois malheureux ne songèrent qu’à avoir leur

revanche,