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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/66

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du côté du nord de dix ou onze degrés de latitude.

Enfin allant d’une île à l’autre, tantôt avec le vaisseau, & tantôt avec la chaloupe du vaisseau françois, qui étoit parfaitement bonne, & qu’on nous avoit cédée avec plaisir, je vins au côté méridional de mon île, & d’abord j’en reconnus toute la figure. Je mis aussi-tôt mon vaisseau à l’ancre dans une rade sûre vis-à-vis de la petite baie, près de laquelle étoit mon ancienne habitation.

Dès que j’eus fait cette découverte, j’appellai Vendredi, & je lui demandai s’il savoit où il étoit. Il se mit à regarder fixement pendant quelque tems, & puis frappant de joie ses mains l’une contre l’autre ; il s’écria : oui, oui, oh ! voilà, oh ! voilà ! & montrant du doigt mon château, il commença à chanter & à faire des gambades comme un fou : j’avois même bien de la peine à l’empêcher de sauter dans la mer, & d’aller à terre à la nâge.

Eh bien ! Vendredi, lui dis-je, qu’en dis-tu ? trouverons-nous quelqu’un ou non ? ton père y sera-t-il ? Au nom de son père, le pauvre garçon, dont le cœur étoit si sensible, parut tout troublé, & je vis les larmes couler de ses yeux en abondance. Qu’y a-t-il donc, Vendredi, lui dis-je ? es-tu af-