Ouvrir le menu principal

Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/62

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

ger qu’il n’est pas possible, quelque humanité que l’on ait, de faire sur mer ce que l’on auroit pu faire sur terre, où l’on reste quelquefois trois semaines. Il s’agissoit ici de donner du secours à ce malheureux équipage, mais non pas de rester avec lui ; & quoiqu’il désirât fort d’aller de conserve avec nous pendant quelques jours, cependant nous n’avions pas le loisir d’attendre un vaisseau qui avoit perdu ses mâts. Néanmoins, lorsque le capitaine nous conjura de l’aider à dresser un perroquet au grand mât, & un autre à son artimon, nous voulûmes bien mettre à la cappe pendant trois ou quatre jours. Ensuite après lui avoir donné cinq ou six tonneaux de bœuf, un de lard, une bonne provision de biscuits, de la farine & des pois, & avoir pris pour paiement trois caisses de sucre, une quantité assez grande de rum, & quelques pièces de huit, nous les quittâmes en prenant dans notre bord, à leur instante prière, un prêtre, avec le jeune-homme, la servante, & tout ce qui leur appartenoit.

Le jeune homme étoit un garçon de dix-sept ans, bien fait, modeste, & fort raisonnable. Il paroissoit accablé de la mort de sa mère, ayant encore depuis peu perdu son père dans les Barbades.

Il s’étoit adressé au chirurgien pour me prier de le prendre dans mon vaisseau, & de le tirer