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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/53

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perdu le perroquet du grand mât, le mât d’artimon, & le beau-pré. Il tira d’abord un coup de canon, pour nous faire savoir qu’il étoit en détresse. Nous avions un vent frais nord-nord-est, & en peu de tems nous fûmes à portée de l’arraisonner.

Nous apparîmes qu’il étoit de Bristol, & qu’il revenoit des Barbades ; mais qu’aux Barbades mêmes il avoit été jeté hors de la route, par un furieux ouragan, quelques jours avant qu’il fût prêt à mettre à la voile ; & dans le tems que le capitaine & le premier contre-maître étoient à terre ; de manière qu’outre la violence de la tempête, il avoit manqué au vaisseau des gens capables de le conduire. Il avoit été attaqué par un second orage, qui l’avoit absolument dérouté du côté de l’ouest, & réduit dans le triste état où nous le rencontrâmes. L’équipage s’étoit attendu de découvrir les îles de Bahama, mais il s’en étoit vu éloigné & jeté vers le sud-est, par un vent gaillard de nord-nord-est, qui étoit précisément celui que nous avions alors : & n’ayant qu’une voile au grand mât, & une autre quarrée attachées à une espèce de mât d’artimon dressée à la hâte, il n’avoit pas eu le moyen de serrer le vent ; de sorte, qu’ils avoient fait tous les efforts possibles pour atteindre les îles Canaries.

Ce qui mettoit le comble au malheur de ces