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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/49

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malheur, nous n’avions fait que ce que l’humanité vouloit bien que nous fissions pour notre prochain, & que nous souhaitions qu’on nous fît de même en pareille extrémité. « Nous sommes persuadés, lui dis-je, que vous nous auriez donné la même assistance, si vous aviez été dans notre situation, & nous dans la vôtre, & que vous nous l’auriez donnée sans aucune vue d’intérêt. Nous vous avons pris sur notre bord, monsieur, poursuivis-je, pour vous conserver, & non pas pour jouir de vos dépouilles ; & je ne trouverois rien de plus barbare, que de vous mettre à terre après vous avoir pris les pauvres reste que vous avez arrachés aux flâmes : ce seroit vous sauver la vie pour vous tuer ensuite nous-mêmes ; ce seroit vous empêcher de vous noyer, pour vous faire mourir de faim : ne croyez donc pas que je permette qu’on accepte la moindre chose de ce que votre reconnoissance vous porte à nous offrir. Pour ce qui regarde le parti que vous nous proposez de vous mettre à terre, la chose est d’une grande difficulté : notre vaisseau est destiné pour les Indes Orientales, quoique nous nous soyons détournés considérablement de notre cours du côté de l’ouest, dirigés sans doute par la providence pour vous tirer d’un danger si terrible : nous ne sommes pas les maîtres de chan-