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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/479

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revenir chez eux & par conséquent il faut qu’ils se dépêchent.

Je ne commençai à emballer mes hardes & mes marchandises qu’à la fin de Mai & ; pendant que, j’étois dans cette occupation, je me mis à penser à tous ces exilés qu’on laisse en liberté dès qu’ils sont arrivés en Sibérie. Ils peuvent aller par-tout où ils veulent, & j’étois fort surpris de ce qu’ils ne songeoient pas à gagner quelqu’autre partie du monde, où ils pourroient vivre plus à leur aise, & dans un meilleur climat.

Man étonnement cessa dès que j’eus proposé ma difficulté au prince dont j’ai fait déjà plusieurs fois mention. Voici ce qu’il me répondit : Il faut considérer d’abord, monsieur, l’endoit dans lequel nous sommes, & en second lieu, la situation où nous nous trouvons. Nous sommes environnés, ici, nous autres exilés de barrières plus fortes que des grilles & des verroux. Du côte du nord, nous avons une mer innavigable, où jamais vaisseau ni chaloupe ne trouva passage, & quand nous aurions quelque navire en notre possession, nous ne saurions de quel côté faire voile. De toute autre part nous ne saurions nous sauver qu’à travers une étendue de terrein appartenant à sa majesté Czarienne, d’environ trois cent quarante lieus. Il est absolument nécessaire de suivre