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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/471

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à s’acquérir un empire despotique sur ses propres passions ; qu’il n’auroit pas changé une monarchie comme la mienne, contre toute la domination de son auguste maître ; qu’il trouvoit une félicité plus véritable dans la retraite, à laquelle il avoit été condamné, que dans la grande autorité, dont il avoit autrefois joui à la cour de son empereur, & que selon lui le plus haut degré de la sagesses humaine consistoit à proportionner nos désirs, & nos passions à la situation où la providence trouvoit bon de nous ménager un calme intérieur, au milieu des tempêtes, & orages qui nous environnent exterieurement.

Pendant les premiers jours que je passai ici, continua-t-il, j’étois accablé de mon prétendu malheur ; je m’arrachois les cheveux, je dechirois mes habits, en un mot je m’emportois à toutes les extravagances ordinaires à ceux qui se croient accablés par leurs infortunes ; mais un peu de tems, & quelques réflexions me portèrent à me considérer moi-même, d’une manière tranquille, aussi bien que les objets qui m’environnoient. Je trouvai bientôt que la raison humaine, dès qu’elle a l’occasion d’examiner à loisir tout le détail de la vie, & la nature des secours qu’elle peut emprunter de l’industrie pour la rendre heureuse est parfaitement capable de se procurer une féli-