Ouvrir le menu principal

Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/448

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

donnoit assez de lumière pour nous faire remarquer que l’idole étoit précisément dans le même endroit, & dans la même posture où je l’avois vue auparavant. Les gens du village dormoient tous, excepté dans la tente où j’avois apperçu les trois prêtres, que j’avois pris d’abord pour des bouchers : nous entendîmes cinq ou six personnes parler ensemble ; nous jugeâmes par-là, que, si nous mettions le feu à cette divinité de bois, on ne manqueroit pas de courir sur nous pour en empêcher la destruction ; ce qui ne pourroit que nous embarrasser extrêmement. Enfin nous prîmes le parti de l’emporter, & de la brûler autre part : mais quand nous commençâmes à vouloir y mettre la main, nous la trouvâmes d’une si grande pesanteur, que force nous fut de songer à un autre expédient.

Le capitaine Ricardson étoit d’avis de mettre le feu à la hutte, & de tuer les Tartares, à mesure qu’ils en sortiroient ; mais je n’en tombai pas d’accord, & j’étois du sentiment qu’il ne falloit tuer personne, si nous pouvions l’éviter. Eh bien ! dit là-dessus le marchand Écossois, je vous dirao ce qu’il faut faire ; nous tâcherons de les faire prisonniers, de leur lier les mains sur le dos, & de les force à être spectateurs de la destruction de leur infâmes Dieu.

Heureusement nous avions sur nous une assez