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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/423

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rencontrant le diable en son chemin, dit que, si satan n’avoit rien à lui dire, il n’avoit rien à lui dire non plus.

Un jour, néanmoins, une de ces bandes assez forte nous ayant approchés de fort près, nous examina avec beaucoup d’attention, en délibérant apparemment si elle nous attaqueroit ou non. Là-dessus nous fîmes une arrière-garde d’environ quarante hommes tout prêts à étriller ces coquins de la belle manière, & nous nous y arrêtâmes jusqu’à ce que la caravane eût gagné le devant d’une demi-lieue. Mais nous voyant si résolus, ils firent la retraite, se contentant de nous saluer de cinq flèches, une desquelles estropia un de nos chevaux d’une telle manière, que nous fûmes obligés de l’abandonner.

Nous marchâmes ensuite pendant un mois par des routes qui n’étoient pas si dangereuses, & par un pays qui est censé être encore du territoire de la Chine. On n’y voit presque que des villages, excepté quelques petits bourgs fortifiés contre les invasions des Tartares. En arrivant à un de ces bourgs, situé à-peu-près à deux journées de la ville de Naum, j’avois besoin d’un chameau. Il y en a quantité dans cet endroit, aussi-bien que des chevaux, & on les y amène, parce que les caravanes qui passent par)là fréquemment, en achètent d’ordinaire. La personne à qui je m’a-