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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/422

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au bruit du cor, effrayée de nos armes à feu, ne fut nullement d’humeur à tenter quelque chose contre nous.

Il faut remarquer que cette action se passa dans le territoire des Chinois ; ce qui empêcha sans doute les Tartares de pousser leur pointe avec la même opiniâtreté que nous leur avons remarquée dans la suite. Cinq jours après, nous entrâmes dans un grand désert que nous traversâmes en trois marches. Nous fûmes obligés de porter notre eau avec nous dans des outres, & de camper pendant les nuits, comme j’ai entendu dire qu’on le fait dans les déserts de l’Arabie.

Je demandai à qui appartenoit ce pays-là, & l’on m’apprit que c’étoit une espèce de lisière qui n’étoit proprement à personne, étant une partie de la Karakathie ou grande Tartarie ; mais que cependant, on la rangeoit en quelque sorte sous les domaines de la Chine ; que les Chinois pourtant ne prenoient pas le moindre soin pour la garantir contre les brigandages, & que par conséquent c’étoit le plus dangereux désert du monde, quoiqu’il y en ait de bien plus étendus.

En le traversant, nous vîmes, à plusieurs reprises, de petites troupes de Tartares ; mais ils sembloient ne songer qu’à leurs propres affaires, sans vouloir se mêler des nôtres ; & pour nous, nous trouvâmes bon d’imiter cet homme qui,

rencontrant