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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/416

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Ce spectacle extraordinaire me retint là, deux heures après que la caravane étoit déjà passée ; ce qui porta celui qui commandoit ce jour-là, à me condamner à une amende de trois schellings à-peu-près ; & il me dit que, si la même chose m’étoit arrivée à trois journées au-delà de la muraille, au lieu que nous étions à trois journées en deçà, il m’en auroit coûté quatre fois autant, & que j’aurois été obligé d’en demander pardon le premier jour de conseil général. Je promis d’être désormais plus exact, & j’eus lieu dans la suite d’observer que l’ordre de ne se pas éloigner les uns des autres, est d’une nécessité absolue pour les caravanes.

Deux jours après, nous vîmes la fameuse muraille qu’on a faite pour servir de boulevart aux Chinois, contre les irruptions des Tartares. C’est assurément un ouvrage d’un travail immense ; cette muraille va même, sans aucune nécessité, par-dessus des montagnes & des rochers qui sont impraticables d’eux-mêmes, & beaucoup plus difficiles à forcer que la muraille même, dans les autres endroits.

Elle a un millier de milles d’Angleterre d’étendue, à ce qu’on prétend ; mais le pays qu’elle couvre n’en a que cinq cens, à le compter sans les détours qu’on a été obligé de faire en bâtissant la muraille ; elle a vingt-quatre pieds de hau-