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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/410

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droit où nous le ménerions. Je lui répondis que je le croyois bien, & que c’étoit pour cela même que nous avions résolu de faire quelque chose pour lui, afin de lui faire connoître que nous étions sensibles aux services qu’il nous avoit rendus, & que sa compagnie nous étoit agréable. Là-dessus je l’informai du présent que nous avions dessein de lui faire, & je lui dis que, par rapport aux frais du voyage, nous l’en déchargerions entièrement, & que nous le conduirions à nos dépens, ou en Moscovie ou en Angleterre, selon qu’il le trouveroit bon ; à condition seulement que, s’il mettoit l’argent que nous lui donnerions en marchandises, il les transporteroit à ses propres frais.

Il reçut ma proposition avec des transports de joie, & répondit qu’il nous suivroit au bout du monde, si nous voulions ; & là-dessus nous préparâmes tout pour le voyage, ce qui nous coûta plus de tems que nous ne l’avions d’abord cru. Heureusement la même chose arriva aux autres marchands de la caravane, qui, au lieu d’être prêts en cinq ou six semaines, eurent besoin de plus de quatre mois, avant que d’être en état de partir.

Ce fut au commencement de Février, vieux style, que nous sortîmes de Pékin. Mon associé & le vieux pilote étoient allé faire un tour en-