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avoit pas un seul cheval qui me parût meilleur que nos chevaux de somme ; mais ils étoient si bien cachés de couvertures & de harnois, qu’il ne me fut pas possible de remarquer s’ils étoient gras ou maigres. Tout ce qu’on en voyoit, c’étoit les pieds & la tête.

Débarrassé alors de toutes les inquiétudes qui m’avoient si fort agité, je fis gaiement tout ce voyage, & ce qui augmenta ma belle humeur, c’est que je l’achevai sans essuyer la moindre catastrophe, excepté qu’au passage d’un petite rivière, mon cheval tomba & me jeta au beau milieu de l’eau. Elle n’étoit pas fort profonde, mais je ne laissai pas de me mouiller depuis les pieds jusqu’à la tête, ce qui gâta absolument le petit livre sur lequel j’avois écrit les noms des peuples & des villes dont je voulois me souvenir.

Nous arrivâmes à la fin à Pekin ; je n’avois d’autre domestique que le valet que mon neveu m’avoit donné, & qui étoit un fort bon garçon. Toute la suite de mon associé consistoit aussi dans un seul garçon qui étoit notre compatriote. Nous avions encore avec nous le vieux pilote Portugais qui avoit envie de voir la cour chinoise, & que nous défrayâmes pendant le voyage, pour nous en servir en qualité d’interprête. Il entendoit fort bien la langue du pays, parloit

bon