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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/372

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procès » ? Bon ! Monsieur, me répondit-il ; de quelle formalité voulez-vous qu’on se serve avec de pareils scélérats ? Il suffit de les jeter dans la mer, pour s’épargner la peine de la pendaison : ces coquins-là n’auront que ce qu’ils méritent.

Voyant que le vieux Portugais ne pouvoit pas quitter notre bord, & nous faire le moindre mal, je lui dis vivement : « Voilà justement la raison pourquoi je veux que vous nous meniez à Nanquin, & non pas à Macao, ou à quelque autre port fréquenté par les Anglois & par les Hollandois. Sachez que ces capitaines dont vous venez de parler, sont des insolens & des étourdis qui ne savent pas ce que c’est que la justice, & qui ne se conduisent, ni selon la loi divine, ni selon la loi naturelle. Ils sont assez inconsidérés pour se hasarder à devenir meurtriers, sous prétexte de punir des voleurs, puisqu’ils veulent faire exécuter des gens faussement accusés ; & pour les traiter en criminels, sans se donner la peine de les examiner & d’entendre leur défense. Dieu me fera la grace peut-être de vivre assez long-tems pour en rencontrer quelques-uns dans des endroits où l’on pourra leur apprendre de quelle manière il faut administrer la justice. »