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contempler avec attention, sans qu’il nous fût possible de deviner leur dessein. Cependant, à tout hasard, nous nous servîmes de cet intervalle pour faire entrer quelques-uns de nos gens dans le vaisseau, afin que de-là ils donnassent des armes & des munitions à ceux qui travailloient pour se défendre en cas de besoin.

Il fut bientôt tems de s’en servir ; car après avoir consulté ensemble pendant un quart-d’heure, & conclu apparemment que le vaisseau devoit avoir échoué, & que nous ne travaillions que pour le sauver, ou pour nous sauver nous-mêmes, par le moyen de nos chaloupes, dans lesquelles ils nous voyoient porter nos armes, ils avancèrent sur nous comme sur une proie certaine.

Nos gens les voyant approcher en si grand nombre, commencèrent à s’effrayer ; ils étoient dans une assez mauvaise posture pour se défendre, & ils nous crièrent de leur ordonner ce qu’ils devoient faire. Je commandai d’abord à ceux qui étoient sur l’échafaudage de tâcher de se mettre dans le vaisseau au plus vîte, & à ceux qui étoient dans les chaloupes, d’en faire le tour & d’y entrer aussi. Pour nous qui étions à bord, nous fîmes tous nos efforts pour redresser le bâtiment. Cependant ni ceux de l’échafaudage, ni ceux des chaloupes ne purent exécuter nos ordres, parce qu’un moment après, ils eurent les