Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/356

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

de donner des preuves convaincantes de mon innocence.

Mon associé me voyant abîmé dans une profonde mélancolie, quoiqu’il eût été d’abord aussi embarrassé que moi, commença à me donner courage ; & me faisant une exacte description des différens ports de cette côté, il me dit qu’il étoit d’avis de chercher un asyle dans la Cochinchine, ou dans la baie de Tunquin, d’où nous pouvions gagner Macao, ville qui avoit autrefois appartenu aux Portugais, & où il y avoit encore une bon nombre de familles européennes, & sur-tout des missionnaires qui y étoit venus dans l’intention de se transporter de-là dans la Chine.

Nous nous en tînmes à cette résolution ; & après un voyage fort ennuyeux, dans lequel nous souffrîmes beaucoup par la disette des vivres, nous découvrîmes la côte de Cochinchine, & nous prîmes le parti d’entrer dans une petite rivière où il y avoit pourtant assez d’eau pour notre bâtiment, résolus de nous informer ou par terre, ou par le moyen de notre pinasse, s’il y avoit quelques vaisseaux dans les ports d’alentour.

La précaution que nous avions prise d’entrer dans cette petite rivière, nous tira d’affaire fort