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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/347

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que je fasse pour vous en témoigner ma reconnoissance » ? Vous n’êtes pas peut-être assez convaincu de la vérité de mon avis, me répondit-il, pour avoir réellement envie de m’en récompenser. Cependant, si vous parlez sérieusement, j’ai une proposition à vous faire. On me doit dix-neuf mois de paye dans le vaisseau, avec lequel je suis venu d’Angleterre, & il en est dû sept à mon camarade le Hollandois ; si vous voulez nous les payer, nous suivrons votre fortune sans vous rien demander de plus, si rien ne s’offre qui soit capable de vous convaincre de la vérité de mon avis ; & si le contraire arrive, nous vous laisserons le maître de nous récompenser comme vous le trouverez à propos.

J’y topai d’abord, & dans le moment même je me fis mener au vaisseau avec eux. À peine en étois-je approché que mon associé, qui étoit resté à bord, monta sur le tillac, & me cria que la voie d’eau venoit d’être bouchée. Dieu en soit loué, lui dis-je ; mais qu’on lève l’ancre au plut vîte. « Et pourquoi donc, me répondit-il ? que voulez-vous dire par-là ? » Point de questions, lui répliquai-je ; que tout l’équipage mette la main à l’œuvre, & qu’on lève l’ancre dans le moment, sans perdre une seule minute.