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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/338

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Hollandois font le principal commerce, quoiqu’elles appartiennent en partie aux Espagnols.

Nous ne trouvâmes pas à propos cependant d’aller si loin, n’ayant pas grande envie de nous hasarder dans des endroits où les Hollandois ont un pouvoir absolu, comme dans l’île de Java, dans celle de Céylan, &c. Tout ce qui retarda le plus notre course, c’étoit mon irrésolution ; mais, dès que mon ami m’eut gagné, les préparatifs furent bientôt faits. N’ayant rien de meilleur à faire, je trouvois dans le fond que courir çà & là, dans l’attente d’un profit aussi grand que fût, donnoit plus de satisfaction que de rester dans l’inaction ; qui étoit, selon mon penchant naturel, l’état le plus triste & le plus malheureux de la vie. Je m’y résolus donc ; nous touchâmes à l’île de Bornéo, & à plusieurs autres dont j’ai oublié le nom ; & notre voyage, qui ne réussit pas moins bien que le premier, ne dura en tout que cinq mois.

Nous vendîmes nos épiceries, qui consistoient principalement en clous de girofle, & en noix de muscade, à des marchands de Perse, qui vouloient les emporter avec eux dans le Golfe Persique ; nous y gagnâmes cinq pour un, & par conséquent nous y fîmes un profit extraordinaire.