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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/331

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n’y eut que moi d’embarrassé, ne sachant quel parti prendre.

Je me trouvois tout seul dans l’endroit le plus reculé du monde, étoit éloigné de l’Angleterre de plus de trois mille lieues, que quand j’étois dans mon île. Il est vrai que je pouvois revenir par terre, en passant par le pays du Grand-Mogol jusqu’à Suratte ; de-là je pouvois aller par mer jusqu’à Balsora, dans le golfe persique, d’où je pouvois venir avec les caravanes par les déserts de l’Arabie, jusqu’à Alep & à Sanderon. De-là il m’étoit facile de me transporter en France par l’Italie : toutes ces courses mises ensemble, faisoient le diamètre entier du globe, & peut-être davantage.

Il y avoit encore un autre parti à prendre, c’étoit d’attendre quelques vaisseaux anglois qui, venant d’Achin dans l’île de Sumatra, devoient passer à Bengale ; mais comme j’étois venu là sans avoit rien à démêler avec la compagnie angloise des Indes orientales, il m’auroit été difficile d’en sortir sans son consentement, qu’il m’étoit impossible d’obtenir, sinon par une grande faveru des capitaines de ses vaisseaux, ou des facteurs de la compagnie, & je n’avois pas la moindre relation, ni avec les uns, ni avec les autres.