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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/328

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du soin de faire la harangue. Après avoir répété toute la conversation que nous avions eue ensemble, il dit en peu de mots au capitaine, qu’ils étoient bien aises que j’eusse pris, de mon propre mouvement, le parti d’aller à terre, puisque, sans cela, ils m’y auroient obligé ; qu’ils s’étoient engagés à servir dans le vaisseau sous son commandement, & qu’ils étoient dans l’intention de continuer à le faire avec la plus exacte fidélité ; mais que, si je ne voulois pas quitter le vaisseau de bon gré, & si, en ce cas, il ne vouloit pas m’y forcer, ils n’étoient pas d’avis d’aller plus loin avec lui, & qu’ils abandonneroient tous le vaisseau.

En prononçant ce dernier mot, il se tourna du côté du grand mât, où tous les matelots étoient assemblés, qui se mirent aussi-tôt à crier d’une seule voix, oui tous, tous.

Mon neveu étoit un homme de courage, & d’une grande présence d’esprit ; quoiqu’il fût très-surpris d’un discours si peu attendu, il répondit d’une manière calme, qu’il prendroit l’affaire en considération ; mais qu’il ne pouvoit rien résoudre là-dessus, avant de m’avoir parlé.

Il se servit alors de plusieurs raisonnemens pour leur faire voir l’injustice de leur proposition, mais en vain ; ils se donnèrent tous la main