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tement plus reculé où se trouvoit le roi, ou le capitaine général de cette ville, avec quelques autres. Nos gens les forcèrent d’y rester jusqu’à ce que la maison consumée par les flammes, leur tombât sur la tête, & les écrasât.

Pendant toute cette exécution, ils ne tirèrent pas un seul coup de fusil, ne voulant éveiller le peuple qu’à mesure qu’ils étoient en état de le dépêcher ; mais le feu fit sortir les Indiens du sommeil assez vîte ; ce qui força les Anglois à se tenir ensemble en petit corps ; l’incendie ne trouvant que des matières extrêmement combustibles, se répandit en moins de rien au long & au large, & rendit les rues entre les maisons presque impraticables. Il falloit pourtant suivre le feu, pour exécuter cet affreux dessein, avec plus de sûreté, & dès que la flamme faisoit sortir les habitans hors de leurs maisons, ils étoient d’abord assommés par ces furieux, qui, pour tenir leur rage en haleine, ne faisoient que crier les uns aux autres de se souvenir du pauvre Jeffery.

Pendant tout ce tems-là j’étois dans de fort grandes inquiétudes ; particulièrement quand je vis l’incendie, que l’obscurité de la nuit me faisoit paroître, comme s’il n’étoit qu’à quelques pas de moi.

D’un autre côté mon neveu, le capitaine, qui avoit été éveillé par ses gens, voyant ces flam-