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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/304

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qu’il sortoit de la hutte faite de branches. Tous les autres s’étoient tirés d’affaire, excepté celui qui avoit été la cause de tout ce malheur, & qui paya bien cher le plaisir qu’il avoit goûté avec sa noire maîtresse.

Nous fûmes assez long-tems à savoir ce qu’il étoit devenu ; cependant nous voguâmes deux jours le long du rivage avec notre chaloupe, quoique le vent nous exhortât à partir, & nous fîmes toutes sortes de signaux pour lui faire connoître que nous l’attendions ; mais toute cette peine fut inutile ; nous le crûmes perdu ; & s’il avoit souffert lui seul de sa sottise, le mal n’auroit pas été fort considérable.

Je ne pus cependant me satisfaire là-dessus, sans hasarder d’aller une seconde fois à terre, pour voir si je ne pourrois rien découvrir touchant le sort de ce malheureux. Je résolus de le faire pendant la nuit, de peur d’essuyer une seconde attaque des noirs. Mais je fus fort imprudent en me hasardant de mener avec moi une troupe de mariniers féroces, sans m’en être fait donner le commandement ; ce qui m’engagea, malgré moi, dans une entreprise aussi malheureuse que criminelle.

Nous choisîmes, le Super-Cargo & moi, vingt des plus déterminés garçons de tout l’équipage, & nous débarquâmes dans le même endroit où