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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/303

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& le rivage, le capitaine donna une bordée terrible aux barbares, ayant fait charger plusieurs canons à cartouche, & l’exécution en fut affreuse.

Quand nous fûmes revenus à bord, & hors de danger, nous eûmes tout le loisir nécessaire pour examiner la cause de tout ce tintamarre, & de cette rupture subite de la part des sauvages. Notre Super-Cargo, qui avoit été souvent de ce côté-là, nous assura qu’il falloit absolument qu’on eût fait quelque chose pour irriter les Sauvages, qui, sans cela, ne nous auroient jamais attaqué, après nous avoir reçûs comme amis. La méche fut à la fin découverte, & l’on apprit qu’une vieille femme s’étant avancée au-delà de nos branches, pour nous vendre du lait, avoit eu avec elle une jeune fille qui nous apportoit aussi des herbes & des racines ; un des matelots avoit voulu faire quelque violence à la jeune fille ; ce qui avoit fait faire un terrible bruit à la vieille, qui en étoit peut-être la mère, ou la parente. Le matelot néanmoins n’avoit pas voulu lâcher prise ; mais il avoit tâché de mener la fille au milieu d’un bocage, hors de la vue de la vieille ; celle-là s’étoit retirée là-dessus, pour aller instruire de cet affront ses compatriotes, qui dans l’espace de trois heures avoient assemblé toute cette armée.

Un de nos gens avoit été tué d’un coup de javelot dès la commencement, dans le tems