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châmes d’abord à l’île de Madagascar ; le peuple y étoit féroce & traître, très-bien armé d’arcs & de lances, dont il se sert avec beaucoup de dextérité. Cependant nous y fûmes fort bien ; pendant quelque tems les habitans nous traitèrent avec civilité, & pour des babioles que nous leur donnâmes, comme des coûteaux, des ciseaux, &c. ils nous apportèrent onze jeunes bœufs, assez petits, mais gras & bons : nous en destinâmes une partie pour notre nourriture, pendant le tems que nous devions nous arrêter-là, & nous fîmes saler le reste pour la provision du vaisseau.

Nous fûmes obligés de demeurer là quelque tems, après nous être fournis de vivre ; & moi, qui étois curieux de voir de mes propres yeux ce qui se passoit dans tous les coins de l’univers où la providence me menoit, je vins à terre aussi-tôt qu’il me fut possible. Un soit nous débarquâmes dans la partie orientale de l’île, & les habitans, qui y sont en grand nombre, se pressèrent autour de nous, & d’une certaine distance ils nous considérèrent avec attention. Toutefois, étant traités d’eux jusques-là fort honnêtement, nous ne nous crûmes pas en danger : nous coupâmes seulement trois branches d’arbres que nous plantâmes en terre à quelques pas de nous ; ce qui non-seulement dans ce pays-là est une marque de paix &