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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/247

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de sa miséricorde, que je l’ai craint pour son pouvoir.

La F. Si cela est, votre Dieu n’est pas Dieu ; je ne saurois le croire. Il est grand, il a du pouvoir, & il ne vous tue pas quand vous le fâchez ?

G. At. Faut-il donc, ma chère, que ma mauvaise conduite vous empêche de croire en Dieu ? Que je suis malheureux ! Je suis chrétien, & mes crimes empêchent les payens de le devenir !

La F. Mais comment puis-je croire que vous ayez là-haut un Dieu grand & fort, & que cependant vous ne faites point de bien ? Il faut donc qu’il ne sache pas ce que vous faites.

G. At. Vous vous trompez : il sait tout, il nous entend, il voit ce que nous faisons, il connoît nos pensées, quoique nous ne parlions pas.

La F. Cela ne se peut pas, il ne vous entend pas jurer, & dire à tout moment, Dieu me damne.

G. At. Il entend tout cela assurément.

La F. Mais où est donc son grand pouvoir ?

G. At. Il est miséricordieux ; c’est tout ce que je puis vous dire, & c’est cela qui prouve qu’il est le véritable Dieu. Il n’a point de passion comme les hommes, & c’est pour cette seule raison que sa colère ne nous consume pas, dès que nous péchons contre lui.