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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/235

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afin que nous puissions examiner ensemble avec attention tout ce qui se passoit sous nos yeux. La scène n’étoit pas encore finie, & après qu’ils se furent levés, nous vîmes encore Atkins adresser la parole à sa femme, avec toutes les marques d’une très-grande ferveur.

Nous conjecturâmes par ses gestes, qu’elle étoit fort touchée de ses discours ; elle levoit les mains, les croisoit sur sa poitrine, & se mettoit dans plusieurs autres attitudes convenables à un cœur touché, & à une esprit attentif. Tout cela continua pendant un demi-quart d’heure, & ensuite ils s’en allèrent, de sorte qu’il fallut mettre-là des bornes à notre curiosité.

Je me servis de cet intervalle pour parler à mon religieux, & pour lui dire que j’étois charmé de ce que nous venions de voir ; que bien que je ne fusse pas fort crédule sur ces conversions subites, je croyois pourtant qu’il n’y avoit ici que de la sincérité, quelle que pût être l’ignorance & de l’homme, & de la femme ; & que j’attendois une heureuse fin d’un si heureux commencement. « Que sait-on, dis-je, si ces deux sauvages, n’influeront pas sur la conversion de quelques autres » ?

De quelques autres ! me répondit-il précipitamment : oui, de tous autant qu’il y en a. Fiez-vous en à moi, si ces deux sauvages (car le