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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/211

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Je le pressai ensuite de m’expliquer son second grief, en le remerciant de mon mieux sur les lumières qu’il m’avoit données sur le premier article.

Il me dit qu’il le feroit avec la même candeur, persuadé que je ne le trouverois pas mauvais.

Cette seconde censure avoit pour objet la négligence inexcusable des Anglois, qui ayant vécu avec leurs femmes l’espace de sept années, leur ayant enseigné à parler & à lire l’anglois, & leur voyant de la pénétration & du jugement, n’avoient pas songé à leur toucher un mot de la religion chrétienne, de l’existence d’un seul dieu, & de la manière de le servir, bien loin de les en instruire à fond, & de les désabuser de la grossière absurdité de leur idolâtrie.

Il traita cette négligence de crime atroce ; dont non-seulement ils auroient à rendre compte devant le tribunal de dieu ; mais que peut-être par une juste punition, ils ne trouveroient plus occasion de réparer ; dieu leur pouvant arracher ces femmes, dont, pour ainsi dire, il leur avoit commis le salut.

Je suis persuadé, continua-t-il, avec beaucoup de ferveur, que s’ils avoient été obligés de vivre parmi les sauvages, d’entre lesquels ils ont tiré leurs femmes, ces idolâtres auroient pris plus de peines pour les engager dans le culte du diable,