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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/200

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jamais rien dans l’estime que ses bonnes qualités m’avoient donnée pour lui, & que, s’il arrivoit que nos conversations sur ces sortes de matières, produisissent quelque mécontentement, j’aurois soin que ce ne fût pas ma faute.

Il me répartir que, selon lui, il étoit aisé de bannis la dispute de toutes nos conversations ; que ce n’étoit pas son affaire de vouloir convertir ceux avec qui il parloit, & qu’il me prioit de le considérer dans nos entretiens plutôt comme un honnête-homme, que comme un religieux ; que si je voulois lui permettre quelquefois de parler avec moi sur des matières de religion, il le feroit très-volontiers, & qu’alors il étoit persuadé que je souffrirois avec plaisir qu’il défendît ses opinions le mieux qu’il lui seroit possible ; mais que sans consentement il ne tourneroit jamais la conversation de ce côté-là.

Il me dit encore qu’il étoit résolu de ne rien négliger, & en qualité de prêtre, & en qualité de simple chrétien, de tout ce en quoi il pourroit contribuer à l’utilité de l’équipage, & à l’intérêt général du vaisseau ; & que s’il ne pouvoit par prier peut-être avec nous, ni nous avec lui, il auroit du moins la consolation de prier pour nous dans toutes sortes d’occasions.

C’étoit là le tour de nos entretiens ordinaires,