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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/194

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tisfaction qui éclatoient dans l’air de tous ces pauvres gens, en voyant le soin que j’avois pris de leur fournir tant de choses utiles & commodes. Ils me dirent que j’étois leur véritable père, & que, tant que, dans un endroit si éloigné de leur patrie, ils auroient un correspondant comme moi, ils oublieroient qu’ils étoient dans un désert. Là-dessus ils déclarèrent tous qu’ils s’engageoient à ne jamais abandonner l’île sans mon consentement.

Je leur présentai ensuite les gens que j’avois amenés avec moi, sur-tout le tailleur, le serrurier, les deux charpentiers, & mon artisans universel qui leur étoit d’une plus grande utilité qu’aucune chose au monde. Le tailleur, pour leur marquer le zèle qu’il avoit pour eux, se mit d’abord à travailler, & avec ma permission, il commença par leur faire à chacun une chemise. En même tems il enseigna aux femmes la manière de manier l’aiguille, de coudre & de piquer, & les employa même sous lui à faire les chemises de leurs maris & de tous les autres.

Pour les charpentiers, il n’est pas nécessaire de dire de quelle utilité ils furent à ma colonie. Ils mirent d’abord en pièces tous mes meubles grossiers, & firent en leur place, en moins de rien, des tables fort propres, des chaises, des chalits, des buffets, &c.